L'accent de Floriane Fosso : lancer sa maison de prêt-à-porter à 25 ans

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Floriane Fosso 

Découvrez l'interview de Floriane Fosso, jeune créatrice de mode

Floriane Fosso, te souviens-tu de notre première rencontre ?

Oui je m’en souviens très bien ! Je t’avais contactée directement par téléphone en trouvant ton numéro de téléphone sur ton site et après t’avoir découverte sur Instagram. On a pris un café à l’hôtel Hidden dans le 8ème et je t’avais présenté alors ma collection hiver 2016-2017. C’est marrant de revenir sur ce moment car les premières rencontres sont toujours empreintes d’innocence et de spontanéité, des moments à part entière durant lesquels on ne sait pas trop de ce qu’il adviendra plus tard mais on s’en moque ! A l’époque j’ai voulu saisir ma chance en te présentant mon travail.

La valeur n’attend pas le nombre des années. Raconte-nous tes débuts.

J’aime cette phrase !! Hum hum alors après de longues réflexions au collège et au lycée sur mon avenir qui ont débouché sur le choix d’une prépa commerciale pour savoir comment gérer une maison de mode et développer des idées marketings, j’ai entrepris l’école de commerce EMLYON. Dans le même temps, je savais déjà coudre et ai étoffé ma formation avec des cursus mode notamment à la Central Saint Martins et par des stages dans de très belles maisons comme Chanel et Michael Kors. J’ai fait pas mal de choses différentes, j’ai voulu découvrir tous les aspects d’une maison. A la fin de mon cursus en 2015 j’ai fait ma thèse sur la création d’une startup dans la mode, mon axe de réflexion était qu’il fallait créer de la valeur sur un marché saturé  et je le voyais dans le luxe accessible et durable. Je me suis laissée prendre au jeu j’ai réellement appliqué tout ce que je préconisais comme la création d’un blog en amont pour fédérer une communauté autour du lancement, ce blog portait le nom de fromparisto.com qui est en fait devenu le slogan de mes collections et de mon univers créatif : une parisienne cosmopolite ouverte sur le monde, je parlais des rencontres et coups de coeur qui ont forgé ma marque éponyme. C’était mon petit rendez-vous qui me poussait à aller plus loin. Les encouragements et les échanges m’ont beaucoup apporté. J’ai eu l’opportunité d’interviewer Jacques Igalens, pape du luxe durable, la créatrice Nicole Zhang, collaboré avec la marque Saint James et organiser des shootings photos autour de mes prototypes. J’ai  aussi testé l’expérience du défilé avec la présentation d’un premier design à Shanghai à un défilé multi créateurs. Cette année a été un vrai labo d’idées. Quand j’ai rendu ma thèse, j’ai voulu continuer, je ne me voyais plus faire autre chose, j’avais encore tant de choses à accomplir alors j’ai lancé ma marque en 2016 et voici où j’en suis. 

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Etre à la tête de sa maison, c’est fabuleux ! As-tu le sentiment d’être une « super power girl » ?

Honnêtement et sans fausse modestie : oui ! Je pense qu’aujourd’hui tous les entrepreneurs et plus particulièrement en France et dans notre industrie sont des warriors ! C’est encore plus vrai pour de petites structures dont l’équilibre est fragile et qui doivent pourtant sans cesse réinvestir pour se faire une place. Mais ce que j’aime justement c’est que ça booste la créativité. Comme je le disais il n’y a pas longtemps dans un post instagram, malgré les difficultés de la vie d’entrepreneur et de créatrice, je ne regrette pas mes choix, j’ai beaucoup appris, chaque expérience, chaque rencontre m’a construite, je fais un métier que j’aime, j’évolue en tant que personne et créatrice de mode. Aucune journée ne se ressemble, et même si c’est déroutant ça permet d’avoir un autre enseignement de la vie, qui n’est pas noire ou blanche ni même grise mais multicolore avec une multitude de chemins. Ça fait un peu maitre buddha mais c’est la vérité !

Quels sont les projets les plus dingues dans lesquels tu t’es lancée ? Et les projets fous à venir ?

Sans hésitation les projets les plus fous hormis le fait de lancer ma marque avec un défilé de lancement à la Galerie Joseph il y a deux ans ! ont été tout d’abord d’ouvrir ma boutique showroom il y a un an et demi à Palais Royal, mon bébé comme je l’appelle, puis dans la foulée en mai 2017 ma première participation au Festival de Cannes avec la présentation de mon concept de Villa cannoise mode et beauté. A chaque fois, beaucoup de stress mais à la clé un vrai bonheur. Pour cette année, je prépare sur l’ouverture de mon deuxième point de vente en propre à Lyon en partenariat avec mon distributeur N20 Femme. Ce sera un concept store mode et lifestyle reflétant l’image de la marque : une parisienne cosmopolite comme le flagship de Palais Royal. Ouverture prévue pour septembre prochain ! J’aimerais aussi alimenter le blog de la marque de manière constante et non pas par à-coups pour continuer à être aussi proche des clients et followers qui soutiennent la marque comme aux débuts, entretenir le lien, partager sur mes inspirations, partager les moods. ça me manque beaucoup. 

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Tes collections évoluent à chaque saison, quel est le moodboard du moment ?

Alors le voici en exclu ! Cette saison, enfin dans trois saisons à vrai dire car je travaille sur la collection Printemps-Eté 2019, je reviens aux sources : l’Afrique, car je suis franco-camerounaise et mes références stylistiques qui ont bercé mon enfance : la saharienne par exemple. 

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Y- a t- il une personnalité que tu rêverais d’habiller ?

J’ai eu la chance d’habiller beaucoup d’actrices que j’admire et que j’apprécie énormément, une autre personnalité que je rêverais d’habiller serait Pénélope Cruz, que je trouve sublime à tous les niveaux. Avant de me lancer dans la mode j’étudiais le théâtre et le cinéma, je me suis éduquée en regardant les films de Pedro Almodovar et en apprenant les scripts alors pour moi ce serait quelque chose de très fort, la boucle serait bouclée. 

Il parait que les modeux ont un accent. Quel est le tien ?

Je vais répondre à cette question d’une manière qui me ressemble en deux temps, très premier degré puis en mode yoga. Même si je renie toute forme d’accent linguistique de la mode, ces drôles de sonorité à la frontière du « ma chérie » et « magnifiiiik » je dois reconnaitre que j’en ai quand même un petit, surtout quand je pars en négociation, on ne renie pas ses racines ! Enfin, je pense qu’on a chacun son accent, ce quelque chose qui fait que l’on est unique. Alors, je pense que mon accent, c’est la surprise. Etre là où on ne m’attend pas, à tort ou à raison !! 

Floriane Fosso